BIODIMESTICA

Patrimoine fruitier du Nord-Pas de Calais et de Wallonie

De la taille à la conduite des arbres fruitiers

patrimoine-fruitier
Code: 
LES1
Auteur: 
LESPINASSE Jean-Marie, LETERME Eveline
Editeur: 
Rouergue
Année d'édition: 
2011
Lieu d'édition: 
Parc Saint-Joseph
publication editorvol: 
3
Nombre de pages: 
324
ISBN: 
978-2812602283
Espèces traîtées: 
Pomme
Remarques: 

L'âne et la chèvre seraient les instigateurs de la pratique de la taille, dès le deuxième millénaire avant notre ère, en Mésopotamie et en Égypte... Après avoir subi la dent de ces mammifères, la vigne, première espèce à être taillée, va connaître la loi de l'homme et de sa serpe. Les Égyptiens pratiquèrent eux aussi la taille très tôt, leur savoir-faire ayant été ensuite développé par les Grecs puis par les Romains. La serpe et la serpette resteront les seuls outils de taille utilisés durant plusieurs millénaires. Elles ne seront remplacées qu'au XIXe siècle par le sécateur, inventé en 1810 par un ancien ministre de Louis XVI, contraint à l'exil, Bertrand de Moleville. Ce dernier rapporta sa trouvaille en France avec le retour des Bourbons en 1815. Ce nouvel outil eut bien du mal à s'imposer. On lui reprochait d'écraser et de déchirer plutôt que de couper. Ce qui fit écrire à Philibert Baron en 1858, dans son ouvrage Nouveaux principes de taille des arbres fruitiers : «Avant de parler de la taille, je vais dire quelques mots sur l'emploi du sécateur et sur celui de la serpette, (...) question qui divise les professeurs et les praticiens, la seule raison qui fait que la plupart aujourd'hui déprisent le sécateur, étant qu'ils ne comprennent pas la manière de s'en servir.» Il va se perfectionner et c'est Pierre-Antoine Poiteau qui va en assurer la promotion et le succès.Des dizaines, voire des centaines d'ouvrages ont été écrits sur la taille des arbres fruitiers. Les plus anciens datent de la période romaine avec Varron, Columelle, Pline l'Ancien, et reflètent les premières observations de culture et de greffage, associant parfois des espèces totalement incompatibles.Au Moyen Âge, les premières publications françaises sur le sujet après l'invention de l'imprimerie sont des traductions et des compilations des auteurs anciens et des auteurs italiens. Peu de recherches personnelles sauf dans les écrits de Ruell en 1536 (De Natura Stirpium) et dans ceux de Charles Etienne (Proedium rusticum). C'est Olivier de Serre qui nous fait part de l'ensemble des connaissances de la fin de cette période avec son Théâtre de l'agriculture paru en 1600, qui sera réédité en 1804 par la Société d'agriculture.Le premier traité sur les formes palissées en espalier fut celui de Boyceau de la Barauderie publié en 1640 à titre posthume. Il fut suivi par de nombreux autres, qui reprennent tous les techniques de taille structurée. Citons entre autres l'abbé Le Gendre, en 1652, avec La Manière de cultiver les arbres fruitiers, où il est traité des pépinières, des espaliers et contre-espaliers, ainsi que des arbres en Buisson et en Haute-tige, Merlet, en 1667 (Abrégé des bons fruits) et Venette en 1683 qui, le premier, observa et décrivit la bourse du poirier dans son ouvrage De la manière de tailler les arbres fruitiers. La publication en 1690 de l'ouvrage, Instructions pour les jardins potagers et fruitiers de Jean-Baptiste La Quintinie, à titre posthume, va annoncer une nouvelle période où les conseils porteront surtout sur la création de formes d'arbres respectant des règles précises, qui bien que variables selon les auteurs resteront comme une sorte de carcan qui figera toute idée de liberté de forme en arboriculture fruitière. Cet ouvrage sera ensuite de multiples fois réédité, recopié, plagié, mais restera un demi-siècle durant la base des connaissances. Les ouvrages importants qui suivirent reprenaient les techniques en vigueur dans les châteaux et chez les pépiniéristes et celles appliquées à Montreuil, sans véritables propositions personnelles.