BIODIMESTICA

Patrimoine fruitier du Nord-Pas de Calais et de Wallonie

Les variétés anciennes

La sélection paysanne s’est particulièrement tournée vers la recherche de variétés permettant de s’approvisionner en fruits durant la plus grande période de l’année. Des  variétés très précoces dites « de moisson » et d’autres ayant la capacité de se conserver en cave – ou en silo – durant les long mois d’hiver, jusque la fin du printemps. Ces variétés dites «  paysannes » étaient souvent de qualité variable et étaient cultivées traditionnellement en hautes tiges  - de ‘plein-vent’ - dans les prés-vergers.  Une grand majorité de ces variétés étaient jadis destinées à être  utilisées « cuites »..

Les fruits d’origine « bourgeoise » étaient quant à eux sélectionnés par des personnes appartenant aux classes sociales plus aisées (bourgeoisie, aristocratie, clergé) et étaient choisies avec discernement pour leur aspect, leur goût, la finesse de leur chair mais ne tenaient rarement compte de leur sensibilité aux maladies et/ou de leur rusticité. Faisant l’objet de soins attentifs, ces variétés – le plus souvent ‘délicates’ - étaient cultivées dans des jardins emmurés sous formes de basses-tiges – palissées ou non -, et greffées sur cognassier pour le poirier et sur Doucin (‘EM II’ ou ‘M 2’) ou Paradis Jaune de Metz (‘EM IX’ ou ‘M 9’) pour le pommier.

Au regard des contraintes de production, de l’intensification de l’horticulture et des exigences de la grande distribution, les variétés anciennes produites en hautes tiges qui se retrouvaient sur les étals des marchés ont été remplacées progressivement par un nombre réduit de variétés commerciales (une vingtaine tout au plus) produites dans des vergers intensifs en basses tiges. La production de pommes est actuellement fortement dominée par la ‘Jonagold’ et ses mutants – p. ex. ‘Jonagored’,  la production de poires presque exclusivement par la variété ‘Conference’. Ces variétés commerciales - qui peuvent être des variétés anciennes comme la ‘Golden Delicious’ et la ‘Conference’ -, ont été choisies selon des critères « modernes » de productivité et de filières de commercialisation. Elles sont la plupart très sensibles aux maladies et doivent subir chaque année de 20 à 35 traitements phytosanitaires.